Ile-de-France : la multiplication des adhérents écolos
Le Point.fr - Publié le 22/05/2013 à 19:13 - Modifié le 22/05/2013 à 19:23
Avant leur congrès, des écologistes franciliens s'étonnent de voir le nombre d'adhésions s'envoler et dénoncent une manoeuvre. Attention guéguerre !
Par Émilie Trevert
Par Anna Cabana
On croyait le parti écolo en perte de vitesse, que nenni ! Depuis quelques semaines, on assiste à une véritable flambée des demandes de cartes en Ile-de-France. Mardi, lors du conseil politique de la région, 400 nouvelles demandes sont tombées, dont la majorité provenait de Seine-Saint-Denis et de Paris. Le phénomène a débuté en janvier, avant d'exploser il y a deux mois. Au point que l'Ile-de-France, qui représente habituellement un tiers des adhésions nationales, regroupe aujourd'hui les deux tiers.
Après une petite enquête interne, des responsables d'EELV ont découvert des taux d'inflation records : 600 % d'augmentation en cinq mois pour un groupe local du "93" (réunissant Clichy-sous-Bois, Courbon, Montfermeil, Vaujours), + 250 % pour un autre (Sevran-Villepinte-Tremblay)... Quant à Villeneuve-Gennevilliers (92), où l'on comptait 26 adhérents fin décembre, ils seraient passés à 102 si les responsables franciliens n'avaient pas mis le holà.
"Méthodes communistes"
Les écolos devraient s'estimer heureux de ce soudain engouement après leur piètre prestation à la présidentielle. Au lieu de ça, certains pointent un "opportunisme" à la veille du congrès régional (le 15 juin). Et leurs soupçons ne font que croître au vu de règlements de cotisations effectués avec une seule et même carte bancaire (pour une dizaine de personnes) et de domiciliations communes... Les mêmes désignent sans tarder un coupable : Stéphane Gatignon, maire EELV (ex-PC) de Sevran (93), et rappellent l'affaire des "Tamouls" (où en octobre 2010, 200 Tamouls de la ville avaient voulu adhérer collectivement à EELV avant d'être remerciés). "Ce sont des méthodes communistes des années Marchais !" dénonce un dirigeant d'EELV, pour qui l'opération est signée. Les principales demandes d'adhésion émanant, selon lui, de villes où Stéphane Gatignon a des "relais". Et de poursuivre : "On a même retrouvé parmi les nouveaux adhérents sa secrétaire, son chauffeur (Gatignon nie avoir un chauffeur, NDLR) et l'hôtesse d'accueil de la mairie !"
"Cour de récré"
L'objectif de l'édile serait, d'après ses détracteurs, de peser davantage sur la ligne du parti au prochain congrès. Et à terme, de piquer la place de Pascal Durand, successeur de Cécile Duflot, voire de prendre la tête de liste aux régionales. L'intéressé, proche de Daniel Cohn-Bendit, déplore ces "minables manoeuvres d'appareil", niveau "cour de récré". "Je ne suis pas responsable, réplique Gatignon au Point.fr. Je ne connais ni d'Ève ni d'Adam les 25 personnes qui ont adhéré dans ma ville sur une même carte de crédit. Si je suis interrogatif sur quelques cas, pour le reste je me réjouis de ces adhésions ! Il faut ouvrir les portes de ce parti." Avant de raccrocher, le maire de Sevran tient à nous préciser : "Ma femme aussi est cotisante, et nous réglons notre adhésion tous les ans avec un chèque commun. Ah oui, et mon chat n'est pas adhérent ! Quant à mes enfants, ils n'ont pas l'âge..."
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